« Deviens agriculteur.rice »: un Forum qui cultive les vocations
Une quarantaine de personnes a participé ce mardi 27 janvier 2026 au Forum «Deviens Agriculteur.rice», une deuxième édition « qualitative» selon Anne-Laure Jard, conseillère en richesses humaines, référente des projets agricoles chez Optim’ism, et Laurent Martinache, encadrant technique co-responsable de site à Lanester.
L’après-midi a débuté par la visite de la ferme du Gaec du Champ des Tours, à Lorient, dans le quartier de Bois-du-Château. Elle était animée par Nina Valégant qui a repris la ferme avec Jérémy Jeannin, après un accompagnement de deux ans dans la cadre de notre dispositif « Fais pousser ton emploi ».
La création de la ferme Grelinette et Ferguson à Hennebont a aussi été portée par Optim’ism. Une de ses deux co-responsables, Stéphanie Lecomte, est venue au forum livrer son témoignage.
Le public, attentif, était très intéressé par la voie professionnelle agricole et par la formation-emploi de six mois en alternance «Maraîchage en coopération».
Cette toute nouvelle proposition d’Optim’ism est basée sur un modèle innovant où la pratique a une large place, sans négliger l’aspect théorique nécessaire. Elle débute en avril 2026. Les recrutements seront ouverts en février-mars.
Elle s’adresse autant aux personnes qui souhaitent se tourner vers l’entrepreneuriat qu’à celles qui souhaitent investir le champ du salariat agricole, dans un contexte où la moitié des agriculteurs et agricultrices présents en 2020 sur le territoire partiront à la retraite d’ici 2030, tandis que s’installent un nombre croissant de personnes sans lien avec le monde agricole.
A l’horizon 2035, près de 300 000 exploitations auront disparu. Le nombre d’exploitations individuelles baisserait même de moitié quand celui des exploitations sociétaires deviendrait majoritaire (59 %, contre 31 % en 2010 et 42 % en 2020).
Moins d’agriculteurs, plus de salariés. C’est ce qu’indiquent aussi les données de la Mutualité sociale agricole, notamment depuis 2021.
Sur notre territoire local, beaucoup espèrent trouver repreneurs pour transmettre les outils du travail d’une vie. Ils émanent souvent d’un héritage familial, et il faut au minimum deux ans pour trouver un candidat à la reprise. «Il y a un vrai enjeu de renouvellement des générations, alors que les métiers de l’agriculture sont en tension et qu’il est difficile de recruter», souligne Anne-Laure Jard.
La richesse des partenaires présents a permis au public de découvrir tous les dispositifs existants d’aide à l’installation ou à l’emploi agricole, avec l’Anefa 56, France Travail de l’agriculture, la Chambre d’agriculture, interlocutrice institutionnelle, le Gab 56, le réseau des agrobiologistes, le Ciap 56, la boîte à outil de l’installation paysanne, la Marmite qui représente l’innovation en milieu rural et la Mutualité sociale agricole, opérateur social du monde agricole, sans oublier la présence d’Antoine Cadet, animateur du volet agricole du contrat territorial du pôle Transformation de Lorient Agglomération.
Des personnes avec une expérience agricole, ou en transition professionnelle, issues de la grande distribution, du monde de l’éducation ou d’autres secteurs très différents se sont portées volontaires, à l’image de celles qui ont pu bénéficier d’un test de quatre mois à Optim’ism pour conforter leur projet avant d’entamer la première promotion de formation « Maraîchage en coopération » sur six mois. Elles ont découvert le dispositif grâce aux réseaux sociaux ou par France Travail qui était aussi partenaire de l’événement.
Un métier avec des besoins de formation
Si le métier n’est pas aussi difficile qu’il y a quelques années, il impose quand même un certain nombre de contraintes qui peuvent être lourdes pour des professionnel.le.s non averti.e.s. La passion est loin d’être suffisante pour reprendre une exploitation. Les connaissances pointues nécessaires ne peuvent s’acquérir qu’en se formant et par l’expérience. « On ne naît plus agriculteur, on le devient » résumait un rapport d’information du Sénat en 2023, relevant que « seulement 9 % des élèves étaient enfants d’agriculteurs ou de salarié.e.s agricoles, contre 40 % en 1990 ».
Une étude réalisée à la rentrée 2024 indique les établissements techniques de l’enseignement agricole et les écoles supérieures ont accueilli plus de 200 000 élèves, soit 12 000 de plus en 5 ans, « un niveau jamais atteint depuis 10 ans », selon le ministère en charge de l’Agriculture. À la clé, un taux d’insertion professionnelle qui progresse : 87 % avec un bac pro, 90 % avec un brevet de technicien supérieur agricole (BTSA). Le taux de réussite aux examens augmente aussi (87,6 %).
Face à la demande et aux débouchés, d’autres types de formation doivent être envisagées et testées. Optim’ism est devenue actrice de la formation agricole. Notre association assure un accompagnement à la reprise d’exploitations et aide à la formation des salarié.e.s en insertion intéressé.e.s par le maraîchage.




